les affinitees e-lectives.

jerome attal. Les affinitees e-lectives. Blog-notes. Liens. "Je suis avide de ce que le hasard peut, je l'espere, me donner et qui depasse de loin quoi que ce soit que je puisse calculer logiquement" (Francis Bacon a David Sylvester, entretiens).

Sunday, August 25, 2002

Marcello Mastroianni.



"Selon Proust, les meilleurs paradis sont les paradis perdus. c'est une phrase célèbre à juste titre. Je me permets d'ajouter qu'il existe peut-être des paradis encore plus fascinants : ceux qu'on n'a jamais vécus, les lieux et les aventures qu'on entrevoit, là-bas.
Pas derrière nous, comme les paradis perdus qui rendent nostalgiques, mais devant nous, dans l'espoir qu'un jour peut-être, comme les rêves qui se réalisent, on arrivera à les atteindre, les toucher.
Le charme du voyage réside peut-être dans cet enchantement, cette nostalgie paradoxale du futur. C'est la force qui fait imaginer ou croire qu'on fait un voyage, et qu'on trouvera dans une gare inconnue, quelque chose qui changera notre vie. On cesse peut-être d'être jeune quand on ne fait que regretter, aimer seulement les paradis perdus."

Marcello Mastroianni dans Je me souviens oui, je me souviens , film documentaire d'Anna Maria Tato.

Thursday, August 22, 2002

Elise.

"code bon zone 1 protégée 04h14 lundi 18 mars vous avez 5 minutes pour quitter les lieux.
l'avenue est désespérément vide, il pleut et il n'y a pas de taxi.
les rares voitures ralentissent en passant devant moi.
je fais un peu le tour de la place, je vais aller où ?
oui bien sûr les clefs sont sous le paillasson.
Déboule une très jolie jeune femme blonde assortie d'un parapluie noir et d'un manteau beige.
Elle cherche du feu, je lui demande une cigarette. Elle doit avoir 22 ans peut être, elle est très bien habillée. je me souviens aussi de son parfum, elle sentait vraiment bon. On se dit vous et comme nous cherchons un taxi toutes les deux et qu'elle a l'air de bien connaître les beaux quartiers elle me prête un bout de son parapluie et nous remontons l'avenue victor hugo. Alors elle me dit qu'elle espère que les deux types de tout à l'heure ne vont pas revenir l'emmerder, parce qu' elle travaille dans la rue, sa tune n'est pas dans son sac évidemment, mais ça l'emmerde à force les cons qui l'empêchent de bosser. Je lui demande ce qu'ils voulaient ces deux types, elle me répond que c'etait juste pour la faire chier c'est tout ! -ah, oui, .. mais vous allez où ? son portable sonne " oui oui j'arrive là, j'ai fini " je pense, moi aussi j'ai fini, je voudrais la suivre, savoir où elle habite et qui l'attend. Comme il pleut et parce que j'avais envie nous prenons un taxi ensemble. elle m'offre quatre cigarettes pour me remercier de l'avoir déposée avenue des champs élysées, je dis non, mais elle dit qu'elle à un autre paquet. je voulais lui demander son numéro de téléphone mais je n'ai pas osé. (...)"

Elise dans La chambre des demoiselles.